Si vous partez à l'étranger, vous vous munissez de dix tubes d'avance. Et, pour aggraver vos problèmes, les revendeurs de cette pommade font payer 500 francs par tube. Mais vous n'avez pas d'autre choix que de payer.
Vous constatez, en lisant le journal, que vous n'êtes pas la seule victime. Des milliers de personnes souffrent exactement du même mal. En fait, des chercheurs ont découvert que la pommade ne guérit absolument pas la maladie. Elle n'élimine que provisoirement l'irritation de la surface de la peau. Le comble est que, en réalité, c'est la pommade qui entretient et propage la maladie. Tout ce qu'il vous reste à faire est d'arrêter d'utiliser cette pommade et, en quelques jours, tout aura disparu. Allez-vous continuera l'utiliser?
Avez-vous besoin d'un quelconque brin de volonté pour y parvenir ? Certes, si vous ne croyez pas aux affirmations de
l'article, il est légitime que vous ayez quelques jours d'appréhension. Mais, si vous constatiez que la maladie se résorbe progressivement, le besoin ou l'envie d'utiliser la pommade ne se manifesterait certainement plus.
Seriez-vous malheureux? Vous aviez un terrible problème, que vous croyiez insoluble. Maintenant, vous avez trouvé la solution. Même s'il fallait une année entière pour en être complètement guéri, vous penserez chaque jour, en voyant le mal disparaître, qu'il est extraordinaire que cela s'arrête et que vous n'en mourrez pas.
C'est là toute la magie qui m'est apparue lorsque j'ai éteint ma dernière cigarette. Laissez-moi préciser un dernier point, à propos de cette analogie. La maladie que provoque la pommade n'est pas à mettre en parallèle avec un cancer du poumon, une angine, une bronchite, une maladie artérielle ou autre asthme chronique. La maladie dont je
parle n'est pas non plus l'argent qui part en fumée, ni la mauvaise haleine et les dents tachées, ce n'est pas la toux, la léthargie, ces matins passés à s'étouffer, ni les circonstances où nous souffrons de ne pas pouvoir fumer. Ce n'est même pas ce mépris de nous-mêmes, ni celui des autres. Tous ces maux viennent s'ajouter à celui dont je veux parler. Le vrai mal est celui qui justifie que l'on ferme les yeux sur tous les autres. C'est simplement ce sentiment de panique : " // faut que je fume une cigarette. " Seuls les fumeurs souffrent de ce mal-là. La pire des choses dont nous souffrons est la peur, cette peur insidieuse, et le bienfait le plus merveilleux que vous recevrez sera d'en être débarrassé.
C'est comme si un épais brouillard avait subitement disparu de mon esprit. J'ai alors clairement compris que ce sentiment d'envie panique d'une cigarette n'était pas une sorte de faiblesse en moi, qu'il n'était pas dû à une vertu magique de la cigarette. Il était seulement dû à la première cigarette, et chaque cigarette suivante, loin d'éliminer ce sentiment, ne faisait que l'an-crer plus profondément dans mon esprit. En même temps, je voyais que tous les autres heureux fumeurs vivaient le même cauchemar que moi, même si c'était à un degré moindre. Et tous avançaient des arguments aussi incohérents les uns que les autres pour tenter de justifier leur comportement.
C'est si bon d'être libéré !
cet esclavage
que l'on s'impose
à soi-même
mismes du tabagisme reposent sur la dualité d'une dépendance physique et d'une dépendance psychologique. Cette seconde dépendance est un véritable esclavage, sont battus au cours des siècles derniers pour
abolir l'esclavage.
Paradoxalement, ils ont retrouvé, grâce à la cigarette, le moyen de s'auto-reléguer au rang d'esclaves. Lorsqu'il a une cigarette à la bouche, le fumeur a un seul souhait, même s'il ne s'en rend pas compte : celui de n'avoir jamais fumé. Nous fumons la plupart des cigarettes sans les apprécier et même sans en être vraiment conscients. C'est seulement après une période d'abstinence que nous souffrons de
l'illusion d'apprécier la cigarette : la première cigarette de la journée, ou celle après un repas.
Les seules circonstances où la cigarette devient réellement précieuse correspondent aux périodes où nous essayons d'arrêter, ou lorsque la société nous impose un interdit (églises, hôpitaux, cinémas, etc.). Tout fumeur devrait être conscient que ces interdits, qui se limitent aujourd'hui à quelques cas précis (métro.), vont dans les années à venir s'appliquer à tous les lieux publics, à tous les restaurants, réduisant l'espace des fumeurs à quelques sordides recoins.
Fini, les jours où l'on pouvait entrer chez quelqu'un et demander, par pure formalité : " Ça vous dérange si je fume ? " Aujourd'hui, le pauvre fumeur qui pénètre dans une maison inconnue cherche désespérément du regard le moindre cendrier ou paquet de cigarettes. S'il ne trouve aucun indice favorable, il essaie généralement de tenir et, s'il n'y parvient pas, il finit par demander la permission. On lui répond souvent : " Si vous ne pouvez pas faire autrement. " ou : " Nous préférerions que vous ne fumiez pas ", ce qui n'arrange pas ses affaires. Lui qui se sentait déjà misérable souhaite maintenant que le sol s'ouvre sous ses pieds et qu'il y disparaisse.
Je me souviens de la dure épreuve qu'était pour moi le sim-
ple fait d'aller à l'église.
Même à l'occasion du mariage de ma propre fille, alors que j'aurais dû ne penser qu'à elle et à ma fierté de la voir ainsi, je me disais : " Finissons-en que je puisse enfin sortir et fumer une cigarette. "
Regardez attentivement les fumeurs dans de telles occasions. Cela vous aidera. Ils restent ensemble ; il y a toujours plusieurs paquets qui circulent et la conversation est la même :
" Vous fumez ?
- Oui, mais j'ai les miennes, merci ; je vous en prendrai une plus tard. "
Chacun allume la sienne et pense : " Que//e chance nous avons d'avoir notre petite récompense. Le pauvre non-fumeur n'en a aucune."
Le non-fumeur n'a pas besoin de récompense. L'homme n'a pas été fait pour empoisonner systématiquement son propre corps. C'est d'autant plus triste
que, même lorsqu'il fume, le fumeur ne parvient pas à atteindre réellement la sérénité et la confiance dont bénéficient les autres. Le non-fumeur, quant à lui, pendant la cérémonie ne s'agite pas nerveusement en attendant de pouvoir sortir.
Il ne passe pas sa vie à attendre quelques rares moments de bonheur. Il en profite tout le temps.
Je me rappelle également que je jouais au bowling et, régulièrement, je devais trouver des excuses bidon pour pouvoir sortir fumer une cigarette. Je n'étais plus un gamin de quinze ans qui fumait en cachette, mais un comptable reconnu, âgé de presque quarante ans. Quelle tristesse ! Même en jouant à ce jeu, je ne prenais pas vraiment de plaisir. J'attendais les fins de parties pour pouvoir sortir, et pourtant, c'était là mon jeu préféré.
C'est une joie incomparable, lorsqu'on ne fume plus, d'être libéré de cet esclavage, de pouvoir ainsi apprécier toute sa vie ;
de ne plus passer le plus clair de son temps à crever d'envie d'une cigarette et le reste à souhaiter ne plus jamais avoir à le faire.
Les fumeurs doivent bien garder à l'esprit, lorsqu'ils se trouvent chez des non-fumeurs (ou même uniquement en leur compagnie), que ce n'est pas à ces non-fumeurs qu'ils doivent leur angoisse, mais au petit monstre qu'ils ont dans l'estomac et qui attend sa dose de nicotine.
j'économiserai plusieur: dizaines d'euros par mois
Je ne répéterai jamais assez que c'est la dépendance psychologique qui rend le fait d'arrêter de fumer si difficile. Plus vous casserez cette dépendance, plus il vous sera facile de parvenir à votre but. Il m'arrive souvent de converser avec ces personnes que je qualifie de fumeurs confirmés.
I e fumeur confirmé est, selon I-ma définition, une personne qui aime fumer, qui n'y voit pas de danger pour sa santé ni de mal d'un point de vue social. Des fumeurs si extrêmes sont actuellement de plus en plus difficiles à dénicher.
Dans le cas des jeunes gens, j'axe mon attaque sur 'argent que leur coûtent les cigarettes. Je commence par dire à mon inter-
locuteur qu'il m'est difficile de croire qu'il ne s'inquiète pas de cet argent qui part en fumée. En général, il réagit promptement. Si je l'avais attaqué sur le plan de la santé ou sur celui du comportement social, il se serait peut-être senti en difficulté et aurait alors évité le débat. Mais à cette question d'argent, il se sent tout à fait sûr de lui : " Je peux me le permettre, cela ne fait que quelques euros par jour et je pense
que ce/a en vaut la peine.
C'est mon seul vice, alors. "
J'insiste encore : " Je ne peux toujours pas y croire. Vu ton âge et comme tu fumes un paquet par jour, tu vas dépenser durant toute ta vie environ 45 000 euros pour ces cigarettes. Et que vas-tu faire de cet argent ? Tu ne te contentes pas de brûler les billets ou de les jeter par la fenêtre. Tu utilises cet argent pour te ruiner la santé, pour te détruire les nerfs et la confiance, pour endurer une vie d'esclavage, de mauvaise haleine et de dents tachées. Cela doit t'inquiéter, non ? "
À ce stade, il apparaît souvent (surtout chez les jeunes fumeurs) qu'ils n'ont jamais envisagé le problème du point de vue de leur vie entière. Pour beaucoup, le prix d'un paquet fait déjà assez de mal. Il leur arrive d'évaluer ce qu'ils dépensent en un mois, ce qui est déjà bien alarmant. Très rarement (et seulement lorsqu'on envisage d'arrêter), on peut même estimer ce que l'on dépense en
une année et c'est terrifiant, mais, sur une vie entière, cela devient impensable.
Cependant, le fumeur, qui continue à se défendre, va vous répondre qu'il peut se le permettre et qu'il ne faut pas envisager le problème sous cet angle, mais seulement voir ce que cela vous apporte ; alors, une dizaine d'euros par semaine, ce n'est pas énorme. Il se fait à lui-même ce qu'il refuserait d'un vendeur d'encyclopédies qui fait du porte-à-porte : " Ce/a ne vous coûtera que 80 euros par mois ", la durée totale et le montant final étant insidieusement passés sous silence.
Je lui fais alors une proposition : " Je vais te faire une offre que tu ne peux pas refuser : tu me donnes 1 500 euros maintenant et je te fournis en cigarettes pour tes propres besoins jusqu'à la fin de tes jours. "
Si je lui avais offert de lui emprunter 1 500 euros pour lui en
rendre progressivement 45 000, le fumeur m'aurait immédiatement fait écrire et signer ma promesse. Pourtant, aucun de ces fumeurs confirmés à qui j'ai proposé un tel marché ne l'a accepté - et, croyez-moi, ces gens-là n'envisagent aucunement d'arrêter de fumer puisqu'ils n'y voient aucun intérêt. Pourquoi donc?
Il est fréquent, lors de mes consultations, qu'un fumeur explique que l'argent dépensé pour ses cigarettes ne le tracasse pas. Vous aussi, demandez-vous, si c'est le cas, pourquoi ce sujet ne vous pose aucun problème. Pourquoi vous démènerez-vous pour économiser quelques euros ici et là pour d'autres achats, alors que vous en dépensez des centaines pour vous empoisonner ?
Voici la réponse à cette question. Toutes les autres décisions que vous prenez au cours de votre vie sont issues d'un processus de réflexion et d'analyse
du pour et du contre, afin de déterminer une réponse rationnelle. Même si vous prenez une mauvaise décision, elle aura le mérite d'être la conclusion d'un raisonnement. Lorsque tout fumeur évalue le pour et le contre de la cigarette, la réponse est claire : " Arrête de fumer, tu agis comme un imbécile ! " Par conséquent, si les fumeurs fument, ce n'est pas parce qu'ils le veulent vraiment ou qu'ils aiment cela, ce n'est pas à la suite d'une décision logique, mais seulement parce qu'ils pensent qu'ils ne peuvent pas faire autrement. Ils participent ainsi à leur propre conditionnement et s'enfouissent eux-mêmes la tête dans le sable.
Cela peut paraître paradoxal, mais certains vont même jusqu'à faire des paris entre eux (" Celui qui recommence le premier à fumer donne 80 euros à l'autre "), en passant sous silence les milliers d'euros qu'ils économiseraient en arrêtant définitivement. C'est parce qu'ils raisonnent encore avec les bases inculquées par le lavage de cerveau et agissent en fumeurs parfaitement conditionnés.
Sortez quelques instants la tête du sable. Fumer est une réaction en chaîne qui se perpétue toute la vie. Si vous ne cassez pas cette chaîne, vous resterez fumeur jusqu'à votre dernier jour. Maintenant, essayez d'estimer le montant que vous allez dépenser si vous continuez à fumer jusqu'à la fin. Évidemment, cela varie selon votre consommation et votre âge, mais supposons, pour simplifier que ce montant est de 15 000 euros.
Vous allez bientôt décider de fumer votre dernière cigarette (pas tout de suite, souvenez-vous des instructions initiales). Tout ce que vous aurez à faire pour rester un non-fumeur sera de ne pas tomber une nouvelle fois dans ce piège. Autrement dit, ne fumez pas cette première cigarette. Si vous craquez (ne dites pas "juste une", cela n'a aucun
sens), sachez qu'elle vous coûtera 15 000 euros.
Si vous pensez que cette manière de considérer les choses est partisane, c'est que vous êtes toujours conditionné. Calculez par exemple ce que vous auriez économisé si vous n'aviez pas fumé la première cigarette de votre vie. Imaginez ce que vous auriez pu faire avec cet argent. Imaginez alors que vous recevez un chèque de 15 000 euros. Cela ne vous ferait-il pas sauter de joie? Commencez donc à vous réjouir dès maintenant, parce que, cet argent, vous l'aurez. C'est un des nombreux bénéfices que l'on reçoit en arrêtant de fumer. \
Après avoir arrêté, lors de la période de sevrage, vous serez peut-être tenté de fumer une (autre) dernière cigarette. Savoir qu'elle vous coûtera 15 000 euros vous aidera à résister à la tentation. Et, soyez-en sûr, si vous la fumez, vous retomberez aussi sec. La seule possibilité qu'elle
ne vous coûte pas ces 150 000 euros est qu'elle vous tue avant d'atteindre cette somme. J'ai fait cette offre dont je parlais plus haut au cours d'émissions de radio et de télévision pendant des années et pourtant personne n'a jamais accepté le marché. Je la fais régulièrement, au sein de mon club de golf, à certains fumeurs, chaque fois qu'ils se plaignent de l'augmentation du prix du tabac. Aucun n'a pourtant accepté mon offre. En fait, j'ai peur qu'un jour il n'y en ait un qui
finisse par accepter si j'insiste trop. Je perdrais alors une fortune.
Si vous êtes en compagnie d'heureux fumeurs, qui vous disent à quel point ils apprécient le tabac, dites-leur que vous connaissez un imbécile qui, si un fumeur lui paie l'avance d'une année de cigarettes, le fournira gratuitement en cigarettes pour le restant de ses jours. Peut-être trouverez-vous quelqu'un qui acceptera l'offre ?