Depuis que j'ai arrêté, mon hobby et plus tard ma profession ont été d'éluder les nombreux mystères associés à la cigarette. C'est un puzzle complexe et fascinant qui, comme le Rubik's Cube, est pratiquement impossible à résoudre. Cependant, comme tous les casse-tête, cela devient très facile lorsqu'on connaît la bonne méthode ! Je détiens la solution pour vous libérer sans difficulté de l'emprise de la cigarette. Je vous aiderai à trouver la sortie du labyrinthe et à vous assurer de ne plus jamais y retourner. Tout ce que vous avez à faire est de suivre les instructions. Le moindre faux pas, et le reste des instructions vous sera inutile.
sur le sujet : si cela était déterminant pour arrêter, vous l'auriez déjà fait. Ce que je veux déterminer avant tout, c'est pourquoi nous trouvons difficile d'arrêter. Afin de fournir une réponse à ces questions, nous avons besoin de savoir pourquoi nous continuons à fumer.
Je maintiens que n'importe qui peut arrêter de fumer avec une grande facilité, mais nous avons d'abord besoin d'établir certains faits. Non, je ne parle pas des méfaits horribles du tabac. Je sais que vous les connaissez déjà et il y a, de toute façon, assez d'informations disponibles
pourquoi continuons-nous à fumer?
Nous commençons tous à fumer pour des raisons futiles, généralement par mimétisme, lors d'occasions sociales, mais, une fois que nous sommes pris au piège, pourquoi continuons-nous ?
Aucun fumeur ne sait pourquoi il fume. S'
lissait la vraie
J'ai posé la question à des milliers de fumeurs lors de mes consultations. La vraie raison est identique pour chaque fumeur, mais la variété des réponses demeure infinie.
Je trouve que cette étape de ma consultation est la plus amusante, mais en même temps une des plus pathétiques. Tous les fumeurs savent au fond d'eux-mêmes qu'ils agissent comme
des imbéciles. Ils savent très bien qu'avant de tomber sous l'emprise de la cigarette, ils n'avaient aucun besoin de fumer.
Presque tous se rappellent que leur première cigarette avait un sale goût et qu'ils ont dû y mettre du leur pour devenir de vrais adeptes. L'aspect le plus ennuyeux est qu'ils sentent que les non-fumeurs ne perdent absolument rien et qu'ils se moquent
même d'eux (surtout les jours sans tabac).
Cependant, comme les autres, les fumeurs sont des êtres humains intelligents et rationnels. Ils sont conscients de s'exposer à d'énormes risques pour leur santé et de dépenser une fortune en cigarettes au cours de leur vie. C'est pourquoi il leur apparaît nécessaire de trouver une explication rationnelle qui justifie leur habitude.
La véritable raison qui nous pousse à continuer à fumer est une combinaison subtile de deux facteurs que je développerai au cours des deux prochains chapitres. Ce sont :
1.la dépendance (physique) à la nicotine,
2.la dépendance psychologique : un véritable lavage de cerveau.
Chaque bouffée d'une cigarette délivre au cerveau, par l'intermédiaire des poumons et des vaisseaux sanguins, une petite dose de nicotine dont l'action est encore plus rapide que celle de la dose d'héroïne qu'un drogué s'injecte dans les veines. Si vous tirez vingt bouffées de votre cigarette, ce seront vingt doses de drogue que vous recevrez avec cette seule cigarette.
La nicotine est une drogue à action très rapide. Une cigarette terminée, le taux dans le sang se réduit environ de moitié en moins de trente minutes et des trois-quarts en moins d'une heure. Cela explique que la consommation moyenne tourne autour de vingt cigarettes par jour. Dès que le fumeur éteint sa cigarette, la nicotine quitte rapidement son organisme et il recommence à ressentir l'angoisse du manque
de nicotine. Je dois désormais dissiper une illusion courante à propos de ces effets de manque. Les fumeurs assimilent ce manque au terrible traumatisme dont ils souffrent lorsqu'ils essaient, ou sont forcés, d'arrêter de fumer ; ce traumatisme est avant tout mental ; le fumeur se sent privé de son plaisir, de son soutien. Je reviendrai plus tard sur ce point.
En réalité, les vrais symptômes du manque de nicotine sont si légers que la plus grande partie des fumeurs ont vécu et sont morts sans même se rendre compte qu'ils étaient drogués. Quand nous utilisons la notion de dépendance à la nicotine, nous pensons simplement au fait de tomber dans l'habitude de fumer. La plupart des fumeurs tiennent les drogues en horreur et sont pourtant à proprement parler des drogués, Heureusement, il s'agit d'une drogue dont on peut se débarrasser très facilement, mais il faut d'abord accepter le fait qu'on est drogué.
Il n'y a pas de douleur physique dans les symptômes de manque de nicotine.
Il s'agit seulement d'un sentiment de vide, d'inquiétude, du sentiment que quelque chose manque ; cela explique que tant de fumeurs assimilent le tabagisme au fait d'avoir à s'occuper les mains. Si cet état de manque se prolonge, le fumeur devient nerveux, agité, il perd son assurance et devient irritable. C'est comme si vous aviez faim - mais de poison, de nicotine.
Moins de sept secondes après que l'on a allumé une cigarette, la nicotine fraîche agit déjà et l'envie incontrôlée prend fin, engendrant ainsi ce sentiment de relaxation et de confiance que la cigarette procure au fumeur.
Durant nos premiers jours d'adepte, ces symptômes de manque et leur soulagement sont si infimes que nous ne sommes même pas conscients de leur existence. Lorsque nous commençons à fumer régulièrement, nous pensons qu'ils surviennent soit parce que nous sommes arrivés à apprécier réellement la cigarette, soit parce que nous en avons pris l'habitude. La vérité est que nous sommes déjà sous son emprise ; nous ne nous en rendons pas compte, mais ce petit monstre de nicotine est déjà installé à l'intérieur de notre estomac et il nous faut dorénavant le nourrir.
Nous commençons tous à fumer pour des raisons stupides. Personne n'y est obligé. La seule raison pour laquelle chacun continue, qu'il soit fumeur occasionnel ou permanent, c'est qu'il lui faut alimenter ce petit monstre.
Notre relation avec la cigarette met en évidence tout un ensemble de paradoxes. Tout fumeur a conscience d'être un imbécile et sait qu'il s'est fait avoir par quelque chose de diabolique. Je pense cependant que l'aspect le plus pathétique de la cigarette est que la satisfaction que le fumeur en retire est le plaisir de revenir à
l'état de paix et de tranquillité de son corps avant qu'il ne tombe sous l'emprise du tabac.
Vous connaissez ce même sentiment lorsque la sirène d'alarme de votre voisin a sonné toute la journée. Lorsque le bruit s'arrête, vous ressentez soudainement un merveilleux sentiment de paix et de tranquillité. Il s'agit en fait moins de la paix que de la fin de l'agacement.
À l'âge où l'on rentre dans le cercle vicieux du tabac, le développement du corps est achevé, c'est-à-dire qu'il a atteint son état de complétude. Nous y introduisons alors de force une dose de nicotine. Dès la fin d'une cigarette, la nicotine commence à quitter notre corps et nous ressentons alors les premiers symptômes du manque - pas une véritable douleur, juste un sentiment de vide. Nous n'en sommes même pas conscients, mais la nicotine agit comme un robinet qui coule goutte à goutte dans notre organisme. Nos esprits
rationnels ne le comprennent pas. Ils n'en ont pas besoin. Tout ce que nous savons est que nous avons besoin d'une cigarette ; lorsque nous l'allumons, l'envie disparaît et nous redevenons durant quelques minutes satisfait et sûrs de nous comme nous l'étions avant de devenir fumeur. Cette satisfaction n'est que temporaire car, afin de soulager cette envie, vous devez fournir plus de nicotine à votre corps. Dès que la cigarette est éteinte, l'envie vous reprend et la boucle est bouclée. C'est une chaîne pour la vie - sauf si vous la brisez.
On peut comparer le tabagisme au fait de porter des chaussures trop petites juste pour ressentir le plaisir de les enlever. Il y a trois raisons principales pour lesquelles les fumeurs ne voient pas les choses sous cet aspect :
1.Il n'y a pas de douleur physique identifiable, cela n'est qu'une impression.
2.La drogue agit par son absence. C'est pourquoi il est difficile de se débarrasser de n'importe quelle drogue. C'est lorsque vous ne fumez pas que vous souffrez : vous ne considérez donc pas la cigarette comme responsable. Lorsque vous l'allumez, elle vous soulage immédiatement : ainsi, vous êtes complètement dupé, assimilant la cigarette à quelque plaisir ou soutien.
3.Nous sommes soumis depuis notre naissance à un lavage de cerveau incroyable. Avant de commencer à fumer, nous ignorons ce besoin ; nous acceptons pourtant, sans scrupule ni surprise, au terme d'un difficile processus d'apprentissage, que la cigarette nous fournisse un soutien (une béquille) ou même un plaisir. Nous n'envisageons même plus de remettre cet état de fait en question. Nous comptons maintenant parmi \'heureux groupe des fumeurs.
On peut profiter de l'occasion pour dissiper d'autres illusions
qui courent à propos du tabagisme.